Ramadan est un mois pas comme les autres. Pourtant, son caractère religieux est gâté par les habitudes consommatrices des Egyptiens. Les experts en économie indiquent que l’Egypte est la plus grandeimportatrice des denrées de Ramadan. Il s’agit des marchandises que les gens se sont habitués à consommer durant le mois béni.
Trois jours se sont déjà écoulés du mois béni de Ramadan. Mais bien avant son début, il s’annonçait déjà dans les supermarchés qui abondent en denrées étroitement liées au mois béni. Pour les Egyptiens, Ramadan est synonyme de denrées alimentaires à acheter en avance voire à stocker de crainte que leurs prix flambent ou qu’elles ne soient plus disponibles.
L’attitude consommatrice des Egyptiens est qualifiée de gaspillage. Les denrées sont achetées en avance, avant même l’avènement du Ramadan, et entassées dans les foyers. Comme si Ramadan était synonyme de consommation. Pourtant, c’est le mois du jeûne. Malheureusement, qui dit Ramadan, dit demande en hausse sur les denrées alimentaires.
A la veille du mois béni, si l’on se rende à un supermarché, l’on risque de trouver les étagères des denrées essentielles comme le riz ou le sucre vides. Comme l’endroit vient d’être pillé! Les gens ont tout acheté avant le Ramadan. Les petits supermarchés demeurent parfois quelques jours sans denrées avant d’acheter de nouvelles quantités. C’est étonnant. Pourquoi cette demande élevée sur les denrées avant le Ramadan? Est-ce que les supermarchés fermeront leurs portes durant le mois béni? Est-ce si difficile de faire ses courses avant ou après l’Iftar? Pourquoi acheter des tas de denrées en avance et les entasser chez soi?Pourquoi ne pas considérer Ramadan comme un mois ordinaire où l’on fait ses courses de façon normale sans excès?
Seul le yamiche (fruits confis, oléagineux…) ne fait pas vraiment l’objet d’un excès d’achat vu la flambée des prix surtout des oléagineux (amandes, pistaches, noisettes…)
Les prix exagérés ont frustréles consommateurs à tel point qu’une large tranche a opté pour le boycott. Ce dernier n’est pas passé dans le calme. Les Egyptiens ont l’habitude de tourner tout en dérision et de lancer des blagues dans toute occasion. Les «blagues du yamiche» ont fait le tour des réseaux sociaux. «Nous avons besoin d’un crédit pour le khochaf», faisant allusion aux prix exagérés des fruits confis et des oléagineux, ingrédients du dessert ramadanesque par excellence: le khochaf. «Tu es plus fort que les oléagineux», rappelant la devise de la campagne lancée par la star de foot Mohamed Salah pour sensibiliser les jeunes contre la toxicomanie. Campagne dont la devise est «Tu es plus fort que la drogue».
Voici une autre forme d’excès. Pour les familles, qui dit Ramadan dit banquets et grands rassemblements sur l’Iftar. C’est vrai queces banquets «rassemblent» les proches mais ils «gaspillent» aussi les aliments. Ce qui ne va point de pair avec l’esprit du mois béni. Nous jeûnons, pendant de longues heures, pour pouvoir sentir la faim qu’éprouvent ceux qui ne trouvent pas de quoi manger. Ce n’est donc pas convenable de préparer des tas de plats pour en jeter la moitié après l’Iftar. Il est donc préférable de préparer les aliments avec modération. Pas besoin de remplir la table de plats que les invités, quel que soit leur nombre, ne vont jamais finir.
D’ailleurs, le gaspillage est interdit de point de vue religieux. «(…) Mangez et buvez et ne gaspillez pas». Telles sont les commandes précises d’un verset du Coran. Alors, gare au gaspillage.
Soyons modérés. Achetons avec modération. Préparons nos banquets sans gaspiller. Respectons l’âme du Ramadan. Ne faisons pas du mois béni, un mois de consommation exagérée.